Le gouvernement marocain a annoncé de nouvelles réformes religieuses destinées à créer plus de conseils religieux locaux, second train de réformes depuis 2004.
Lors de la réunion du Haut Conseil des Oulémas qui s'est tenue au Maroc le 27 septembre, le Roi Mohammed VI a annoncé une série de mesures destinées à réformer la religion officielle dans le pays.
Selon ce plan, le gouvernement créera plus de conseils locaux des oulémas, afin que chacune des régions dispose de son propre conseil et de sa propre représentation. Cette mesure, explique le gouvernement, montre le désir de celui-ci de tenir compte des coutumes et des besoins spécifiques de chaque région.
Ce plan prévoit soixante-neuf conseils, au lieu des trente actuels.
Selon le souverain, le but est d'aider les conseils à "contribuer à renforcer la sécurité spirituelle de la nation, à garantir la préservation de sa doctrine religieuse, qui repose sur l'Islam sunnite tolérant".
Les oulémas seront désormais présents partout, "pour guider les gens et lutter contre les allégations trompeuses qui sont proférées par les tenants d'opinions extrémistes", a ajouté le Roi.
Il s'agit du second train de réformes depuis celles du Ministère des Affaires Islamiques et la révision de la législation concernant les lieux de culte et la modernisation de l'enseignement de l'Islam au Maroc, en 2004.
Mohamed Bouterbouch, président du conseil régional de Kénitra, a expliqué que les membres de son conseil façonnent la vie spirituelle des Musulmans en leur apportant des connaissances religieuses saines, respectant les traditions islamiques du Maroc. Ce conseil organise ses réunions dans les mosquées, chez des particuliers, dans les refuges pour les femmes et dans les universités, "afin que notre voix puisse être entendue par tous les Musulmans", explique-t-il.
Ces réformes visent également le rôle que jouent les mosquées dans la vie spirituelle et éducative des gens.
Ces mesures encouragent la construction légale des bâtiments religieux, en particulier grâce à une exemption de 50 pour cent de la TVA, et à la consolidation du rôle qu'ils sont censés jouer comme lieux de culte, d'enseignement et d'éducation. Il existe également la volonté de promouvoir l'aide de l'Etat pour le clergé. A cette fin, le gouvernement lance un donc programme doté d'un budget de 200 millions de dirhams destiné à former des imams et à améliorer leur connaissances de la doctrine et leur professionnalisme.
Pour les Marocains vivant en Europe, le gouvernement créé un conseil des oulémas composé de dix-huit membres, destiné à faire office de conseil local.
"Ce conseil protégera l'identité et la foi marocaine contre l'intégrisme et les impulsions extrémistes", a déclaré Taher Tijkani, le président de ce conseil. M. Tijkani a expliqué que son conseil disposera des mêmes prérogatives que ceux du Maroc, et s'adaptera à la situation particulière de la communauté marocaine de l'étranger.
Pour Taj Eddine Berrada, professeur d'études islamiques, ces nouvelles réformes donneront une nouvelle dynamique à la restructuration de la religion officielle.
"Le déploiement de ces conseils des oulémas vise à mettre un terme à la dérive constatée dans la religion officielle telle qu'elle est apparue avec la récente fatwa lancée par celui qui se fait appeler Maghraoui", a-t-il expliqué.
Bassima Nourani, une étudiante, explique que par cette réforme, l'Etat espère institutionnaliser la religion.
"Une grande partie de cette institutionnalisation a déjà été mise en place", a déclaré Nourani.
"Je crois que c'est une bonne manière de lutter contre l'extrémisme. Mais je m'inquiète néanmoins du fait que l'Etat puisse utiliser cette initiative pour faire passer des messages non-religieux".
ASSALAMO ALAYKOM